dimanche 13 novembre 2011

Argentine : Villa La Angostura

Quand j'ai planifié mon voyage, il n'était pas prévu que je passe par Villa La Angostura. Lors d'une soirée en juillet avec des potes triathlètes, l'un d'eux m'a fait remarquer que je ne ferais pas de compétition pendant 1 an et que ce serait un peu dommage de perdre le niveau que j'avais atteint grâce à ma préparation pour l'Ironman. Du coup, je me suis mis à la recherche de courses à pied qui pourrait rentrer plus ou moins dans mon planning et c'est comme ça que je suis tombé sur ce trail à Villa La Angostura.
J'arrive donc dans le village la veille de la course pour récupérer mon dossard et assister au briefing. Tout le monde à l'auberge de jeunesse est là pour la course, l'ambiance est super conviviale, beaucoup d'argentins, deux uruguayens, un brésilien, un belge et une australienne. Le gros point d'inquiétude pour demain, ce sont les cendres. Autant à Bariloche, ça avait été, autant là, le nuage de cendres est tellement dense qu'on ne voit plus les montagnes aux alentours. Plusieurs coureurs ont acheté des masques pour la course. Tout est couvert de cendres, c'est impressionnant.
Le lendemain matin, je retrouve l'ambiance d'avant course que j'adore. Tout le monde est très concentré, chacun prépare son matériel, son ravitaillement, chacun a son propre rituel, on sent l'adrénaline qui commence à monter. Vers 9h30, on se dirige vers la ligne de départ. Je me sens un peu comme un intrus, tout le monde semble très préparé, guêtres pour se protéger des cendres, chaussettes de compression, ceinture ou sac à dos pour le ravito, lunettes, bâtons. Autant dire que moi avec ma bouteille d'eau dans une main et mon appareil photo dans l'autre, je fais touriste. Pas grave, c'est pour ça que je suis là, mon seul objectif est de me faire plaisir, ne pas me blesser et pouvoir continuer à voyager après sans être trop amoché. Et ce d'autant plus que ma "préparation" a été assez limitée, voire inexistante. Courir moins de 10 fois en 4 mois, ce n'est pas vraiment le meilleur moyen de préparer ce qui est, d'après l'organisation le marathon le plus dur d'Amérique du Sud avec au programme 42 kilomètres et 4000 mètres de dénivelé positif. Départ à 10h, les premiers kilomètres sont plats ou en légère montée. Je décide de partir doucement, la journée va être longue. Assez rapidement, on arrive à la première difficulté, une montée de plusieurs kilomètres assez raide. Comme c'est le début de la course, on est encore très groupé et on se retrouve à monter en file indienne.


Ca commence à écrémer dans la descente qui est assez technique. Je m'accroche à un petit groupe de filles mais elles envoient du lourd et je les perds après quelques kilomètres. La suite jusqu'au kilomètre 25 est une alternance de montées et descentes, en majorité sur des petits chemins juste assez larges pour une personne, un régal. Au kilomètre 25, on attaque la dernière grosse difficulté, la montée au Cerro Bayo. Après 5h de course, on peut voir que tout le monde est fatigué, ça ne monte pas très vite. L'arrivée au sommet est une délivrance, plus que 8 km de descente ou de plat. Malheureusement, la descente est super raide et technique et mon pied gauche me taquine de plus en plus. Du coup, je fais la descente avec le frein à main et je marche pas mal. Les derniers kilomètres sont assez difficiles, beaucoup de cendres dans l'air, ça rentre dans les yeux et la bouche (pas idéal pour respirer). Je termine finalement en 6h31 (306 sur 573), je ne pensais que ça serait aussi difficile et exigeant. C'est vraiment différent de courir sur du plat comme ce fut le cas pendant le marathon de Bruxelles ou l'Ironman de Nice.
Oui le gris dans mes cheveux, c'est dû aux cendres.


Une petite vidéo de ma course. Tout le sable, le gris que l'on voit, ce sont des cendres.


Après une bonne douche et quelques étirements, place au réconfort, la bière commence à couler à flots. Programmer la soirée d'après course le même jour, c'est un peu rude mais personne ne se défile. On va à la soirée avec le groupe de l'auberge, on rigole bien. Je rends les armes sur les coups de 3h du mat et pars retrouver Morphée pour un repos bien mérité.
Au final, une super course, je me suis vraiment éclaté sur ces petits chemins et l'ambiance était au top. Ca donne envie de revenir sur ce type de course avec une vraie préparation.

6 commentaires:

  1. Salut Sylvain,

    Je me décide enfin à te laisser un petit message pour te motiver à continuer de nous raconter tes aventures, perso, je me régale !!! :-)
    Enjoy !

    A+
    Cancan

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  2. Content que ça te plaise.
    Perso je me régale bien.

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  3. Ha ha pris en flag sur la premiere photo! dans le coin à gauche, ya un autre qui te prends en photo. Ben tu vois tu n'étais pas le seul touriste dans l'affaire :-)

    Impressionnante la couche de neig.. heu de cendre sur le sol partout !!

    Et le brouillard c'est aussi des cendres ?

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  4. T'as des amis triathlètes qui t'ont suggéré de faire des compet pendant ton voyage ? Ben voyons, quelle drôle d'idée ont ces gens-là...
    Sérieusement, je crois que tu as bien fait, faut pas s'encrouter non plus ! Et puis, avoir participé au marathon le plus dur d'Amérique du Sud, ça le fait quand même...
    A+ mec

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  5. T'es vraiment un grand malade!!

    42 km et 4000 m de D+ dans un environnement recouvers de cendre, faut vraiment être frappé!

    Toutes mes félicitations Sylvain! N'oublie pas, tu as signé pour l'UTMB 2014 maintenant! :)

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  6. @ Alain: ouais le brouillard, c'est dû aux cendres.
    @ Jérôme: et maintenant un petit tour en Asie pour l'Ironman Chine.
    @ Yann: va falloir se sortir les doigts du cul pour aller chercher les 5 points avant 2014.

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