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jeudi 20 octobre 2016

Ironman Vineman 2016

Préparation


La 1e phase d'un Ironman, une fois que l'idée est bien ancrée dans ta tête et te parait réalisable (ça peut prendre un peu de temps), c'est l'inscription. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, la demande est élevée et il faut s'inscrire plusieurs mois à l'avance. Avec Pierre, un pote de San Francisco, nous avions évoqué l'idée d'en faire un ensemble, et c'est ainsi qu'en Novembre 2015, alors que je suis perdu au fin fond de la brousse congolaise, ils nous inscrits tous les deux pour la course qui a lieu le 31 juillet 2016, à Napa Valley, non loin de San Francisco.

La 2e phase, c'est bien évidemment l'entrainement. Je passe les mois de Décembre et Janvier au repos total pour cause d'opération du fessier droit (merci les araignées congolaises). On pourrait penser que les 6 mois suivants seront consacrés à un entrainement intensif mais non, je choisis de me consacrer à d'autres passions : plusieurs semaines d'alpinisme et d'escalade dans les Alpes et plusieurs mois en Colombie à danser essayer d’apprendre la salsa. En conséquence, je dois adapter mon entrainement et je choisis d’innover en créant mon propre programme. Comme tout bon programme d’entrainement qui se respecte, il se décompose en 3 parties : entrainement, nutrition et préparation mentale.

1/ L’entrainement. 
En partant du postulat simple « l’entrainement, c’est fatigant », moins on s’entraine, moins on est fatigué, donc plus on est en forme, c’est imparable. Du coup, il ne faut pas hésiter à réduire drastiquement son volume d’entrainement. Comme disait Napoléon : « un bon graphique Excel vaut mieux qu’un long discours ». Vous pouvez donc voir ci-dessous l’évolution du volume d’entrainement sur les 6 mois précédents la course (totaux en km pour chaque discipline) entre mon 1e Ironman (Nice 2011), le 2e (Zurich 2013) et le 3e (Vineman 2016). La tendance est assez facile à observer, ça descend presque aussi vite qu’une bière dans le gosier d’un breton. Pour le prochain Ironman, j’envisage de limiter l’entrainement à la course en elle-même.


Pour la natation et la course à pied, je ne suis pas trop inquiet, par contre je sais que je vais manquer de caisse pour le vélo. J’ai commencé à m’entrainer sérieusement pour ça 2 semaines avant et les deux sorties « longues » (70 km) que j’ai faites ne m’ont pas rassuré sur mon niveau. Au moins, j’ai pu retrouver avec joie les routes californiennes.

Vue sur San Francisco et le Golden Gate bridge en montant à Hawk Hill

Vue depuis Tamalpais
2/ La nutrition. 
Pour qui est un observateur un peu attentif de la littérature à ce sujet, sur les 30 dernières années, on est passé par tout et son contraire. Du coup, il n’y a pas de raisons que je ne lance pas moi aussi mon régime. Il s’appuie sur trois piliers : les hamburgers, les bières belges et les glaces. Comme disait le triathlète Oscar Wilde « la meilleure façon de résister à la tentation, c’est d’y céder », donc pas de restriction, c’est open bar. Par exemple, voilà mon menu pour la veille de la course. Pour le déjeuner, un assortiment de fruits et légumes glacés afin de faire le plein de bonne humeur. 


Pour le diner, rien de tel qu’un bon resto avec un pote (Umami burger, 2184 Union St, San Francisco) : burger avec bacon bien sûr (parce que le bacon, c’est la vie), Duvel (tu me remettras la p’tite sœur), frites (avec mayo, c’est plein d’antidépresseurs) et bien sûr double ration de glace (au resto et avant de se coucher).


3/ La préparation mentale.
En temps normal, tu te fixes des objectifs, tu prépares des stratégies de courses en fonction de tous les scénarios, tu fais de la visualisation, j’en passe et des Hermann. Problème avec tout ça, c’est que ça prend du temps et quand il faut faire un choix entre ça et les jeux vidéos (qui améliorent la dextérité digitale pour le changement de vitesses à vélo), la réponse est toute trouvée. La préparation mentale se résume donc à ça : c’est juste un Ironman, tout ira bien. Comme disait ma maman « la confiance assure la réussite ». Ça tombe bien la confiance, ça se cumule plus vite que les kilomètres à vélo et ça demande beaucoup moins de calories.

Jour J

Vous me connaissez, je ne suis pas un lève-tôt alors quand le réveil sonne à 3h30 un samedi matin, je n'ai pas une grosse pêche. On arrive sur l'aire de transition à 5h45, un rapide coup d'œil au vélo et je pars me changer. Les prévisions météos annoncent des grosses chaleurs pendant la journée mais pour l'instant, je tremble de froid, j'espère que l'eau ne sera pas trop froide. En attendant le départ, j'écoute du gros son US pour mettre dans l’ambiance: “Let the sunshine in” de Julien Clerc et “Gracias a la vida” de Pasion Vega. Pierre et moi sommes en forme et impatients de partir. 


Les 3800 mètres de natation ont lieu dans la Russian River, sous la forme d'un aller et retour, avec départ par vagues pour éviter le mode essorage typiques des départs massifs. La natation aquatique n’étant pas notre discipline de prédilection, nous nous plaçons en queue de peloton.  Le départ des amateurs est donné à 6h45 mais comme nous sommes dans la vague 1h30-1h45, nous ne partons que 20 minutes après. Dernière accolade avant de se jeter à l’eau et c’est parti pour une longue belle journée de sport.


Dès le début de la natation, je suis rassuré, l'eau est chaude et je ne vais pas avoir froid. Assez rapidement, je me rends compte que je dépasse pas mal de monde et malgré le départ par vagues, ça bastonne un peu pour les dépassements. Mon cerveau (oui, oui, je l’ai retrouvé) m’envoie continuellement des messages d’alertes pour me dire que je suis en léger surrégime. Vous me connaissez, le calcul n’est pas mon point fort, donc plutôt de m’économiser (la course va être longue), je choisis l’option plaisir et continue sur le même rythme. Petite originalité du parcours : pour cause de manque d’eau dans la rivière, il a pas mal de passages où l’on peut marcher au lieu de nager, même si ça reste moins rapide, ça permet de souffler un coup. 


A mi-course, je me rends compte que je suis sur les bases de 1h15, plus d’hésitation, je reste sur cette allure-là. Je me régale, c’est un vrai plaisir de nager même si la visibilité est quasi nulle. Je termine en 1h15 tout rond (13 minutes plus vite que mon meilleur temps sur la distance), c’est honnête pour quelqu’un qui a appris le crawl dans un livre (Terry Laughlin, Total Immersion).

Suis vraiment allé si vite  peu lentement que ça
La transition se passe rapidement (6’45) et je me lance à l'assaut des 180 kilomètres de vélo dans les vignes. Je me cale en position aérodynamique sur mon vélo loué la veille (je sais, je suis quelqu’un d’organisé) et je me rends compte que la position est douloureuse pour les épaules (c’est le problème quand on ne s’entraine pas). Heureusement ma formidable prépa mentale arrive à la rescousse avec un plan formidable :
- plan A : ça va passer.
- plan B : au pire, ça ne passe pas mais il n’y a que 180 bornes à tenir.

Les premiers kilomètres sont assez vallonnés et avec pas mal d’intersections. Du coup, j’ai du mal à me mettre dans le rythme. Et puis, les choses s’améliorent : je me sens bien physiquement et la route est plus propice pour envoyer du braquet. 


C’était trop beau pour être vrai : alors que je suis en train de changer de vitesse, un bout du guidon se décroche (c’est le problème quand on n’a pas testé le matériel). Je dois m’arrêter et je perds quasiment 10 minutes pour remettre en place mon guidon. Je repars passablement agacé de ce temps bêtement perdu mais au bout de quelques kilomètres, le plaisir de rouler prend le dessus et j’oublie l’incident. Les routes sont relativement plates et je me régale avec ce vélo. Comme en natation, je sens que je pousse un peu trop mais c’est tellement grisant que je continue même si je sais que je vais finir par le payer.


Les 140 premiers kilomètres sont avalés à plus de 30 km/h de moyenne et puis le coup de bambou finit par arriver. Je n’ai plus de jus et je me traine tant bien que mal sur les 40 derniers kilomètres.


Je termine en un peu plus de 6h (6h03’59), ce qui est presque aussi bien qu’à Zurich, où j’avais par contre beaucoup plus géré mon effort. Plus qu'un marathon à courir et j'en aurais terminé.
La transition se passe rapidement (6:47) et j'attaque doucement la course à pied. Il faut maintenant parcourir 3 fois un aller-retour de 14 km avec notamment une belle côte sous une chaleur de plomb. J'ai 20 minutes d'avance par rapport à mon temps de Zurich, il me faut donc courir le marathon en moins de 4h30 pour faire mieux mais je sais tout de suite que ça ne va pas le faire. Je m'étais fixé comme objectif de finir en moins de 14h (11h51 à Zurich) et là, je me retrouve en position de battre mon meilleur temps sur la distance. Problème: je ne suis pas prêt mentalement à me battre pour améliorer mon temps de Zurich, je pensais vraiment aller beaucoup plus lentement. Je n'ai pas la motivation pour aller vite et du coup, je pars au petit trot.

Tout va bien
Il est 14h et il fait très chaud. Heureusement, il y a des ravitaillements tous les 2 kilomètres environ. Je suis ma stratégie habituelle qui consiste à courir tout le temps sauf aux ravitos où je marche, ce qui quand même plus pratique pour boire et manger.

Ne pas oublier le ravito chips

Alors que je n'avais pas vu Pierre pendant le vélo et que je commençais à m'inquiéter, je finis par le croiser quand je suis sur le retour de la 1e boucle, il court et il a l'air bien, je suis rassuré. Je termine la 1e boucle en 1h35 environ. Alors que je croise Pierre pendant la 2e boucle, il me dit qu'il est derrière moi (je pensais qu'il était devant). Cela réduit encore ma motivation à aller vite. Je termine la 2e boucle plus ou moins dans le même temps mais sur la 3e , je me laisse aller à beaucoup marcher. Je suis bien physiquement mais je n'ai pas de motivation. Je me pousse à courir un peu car j'en ai marre et j'ai envie que ça se termine. Le dernier kilomètre est génial avec tous les spectateurs qui t'applaudissent.


Je passe la ligne après un marathon couru en 5h09 (mon pire temps sur la distance) pour un temps total de 12h41’09.


Je me sens bien et soulagé d'en avoir terminé.


C'est peut-être la première et dernière fois que vous me voyez avec ce t-shirt. Non mais sérieusement, ils auraient voulu nous punir qu'ils nous auraient pas donné un truc plus laid.


Peu de temps après, Pierre arrive et en termine à son tour (le chaleur sur la course à pied lui a été fatale et il a dû lever le pied). Félicitations à lui qui termine son 1e Ironman.


Pour ma part, je me suis vraiment fait plaisir sur la natation et le vélo. A cause de mon manque d'entrainement, la course à pied aura été plus compliquée et c'est bien normal. Je n'ai qu'une envie maintenant, c'est d'en refaire un et de tenter de casser la barrière des 11h avec un véritable entrainement. Qui sait, pourquoi pas en Mars en Nouvelle Zélande ?
En lien ci-dessous, mes données Strava sur les 3 disciplines.


mercredi 2 juillet 2014

Parcs nationaux Utah & Arizona 4/4

10e jour

Réveil à 5h30, il fait toujours nuit, je repars vers la voiture et file à Mesa Arch, un autre lieu très connu des photographes pour le lever du soleil qui fait rougir l'arche. Ca donne ça quand on est un bon photographe.


Quand j'arrive à l'arche, il y a déjà une bonne trentaine de photographes alignés en rang d'oignons devant l'arche. Mon côté anti-social prend vite le dessus et m'incite à partir m'isoler un peu plus loin pour prendre des photos avec mon matériel de pro.


Cela dit, même sans l'arche, le spectacle est magnifique.


Je retourne ensuite à Upheaval Dome faire une petite ballade pieds nus, très sympa.


De là, je sors du parc pour aller à Dead Horse Point, encore un point de vue incroyable (je commence à manquer de superlatifs).



Je reprends ensuite la voiture pour aller dans un autre parc national, Arches, qui comme son nom l'indique abrite de nombreuses arches. Histoire de récupérer un peu, je commence par une petite sieste dans la voiture. Je pars ensuite en direction de Delicate Arch en mode Yannick Noah, pieds nus. Au bout de 10 mètres, je ne peux résister à l'envie de courir. Autant le début est un peu dur (ça pique les cailloux), autant courir sur la roche lisse est un pur régal (au passage, courir pieds nus, ça marche super bien pour éclater les ampoules). J'arrive rapidement à l'arche, posée en bord de falaise.


A nouveau un gros kif à la descente, j'hésite à y retourner juste pour le plaisir de courir sur les rochers. Cela dit, j'ai une autre ballade qui m'attend un peu plus loin. Je commence en courant mais comprend vite que le jus commence vraiment à manquer et passe en mode marche rapide au bout d'une vingtaine de minutes (données GPS). Les arches et les paysages sont magiques.




Je fais ensuite un tour dans le parc en voiture, où je vois encore ... enfin bref ... comme d'hab, c'est pas mal.




Là le gars est en panique, il se rend compte qu'il n'y a pas d'escalier pour redescendre.


Les jours de tempêtes, perso, je ne m'approcherais pas trop.


Il est maitenant temps de reprendre la voiture pour retourner bivouaquer à Canyonlands. Je m'installe en terrasse pour le dîner.


Ensuite je me dirige vers mon bivouac, à 4 km du parking. Cette fois-ci, pas de problème pour suivre le chemin malgré la nuit. Je dois dormir à un point de vue mais soyons honnêtes la nuit, c'est quand même plus dur à repérer. Après report des coordonnées GPS de ma montre sur la carte, je me rends compte que je suis bien arrivé. La météo n'annonçant un risque de pluie qu'à 80%, je choisis de laisser la tente dans la voiture (je suis joueur).

11e jour

Et je gagne, pas de pluie mais un réveil bien sympatique, même si le ciel est un peu voilé.


Il est maintenant temps de prendre la route de Salt Lake City au nord ouest. Après les grosses chaleurs du désert, ça me fait bizarre de me retrouver dans une tempête de neige. Je vais dans cette ville pour rendre visite à mon ami Jonathan que j'avais rencontré pendant mon séjour au Népal (j'adore faire des références à mon propre blog ;-). Il m'accueille dans sa maison où il vit avec Tina. La première chose que je fais en arrivant (après avoir dit bonjour quand même), c'est d'aller prendre une douche (il faut dire que les douches ne sont pas légions dans les parcs nationaux). Nous partons ensuite rendre faire un tour en ville.
Séance photos devant Temple Square, temple appartenant à l'Eglise de Jésus-Christ des saints des derniers jours, en bref (au Nord c'était) "les mormons".


Photo de groupe, dans le désordre, Tina, Jonathan et moi-même (je vous fais confiance pour retrouver l'ordre).


Quelques soeurs essaient bien de me convertir, sans grand succès. On enchaine ensuite par un tour au capitole. Question pour ceux qui suivent : dans quel état américain se trouve Salt Lake City ?


Le soir, Jonathan nous prépare un festin, ça me change des nouilles chinoises. J'en en plus le bonheur de dormir sur un canapé, ça me change des nouilles chinoises ... ah non, ça je l'ai déjà dit ... ça me change du matelas de yoga.

12e jour

Le lendemain matin, pendant que Jonathan va travailler, je pars faire une ballade sur les hauteurs de Salt Lake City avec Tina et Ginger (son chien). Enfin quand je dis ballade, c'est plutôt un entrainement (données GPS). A bientôt 50 ans, Tina a la patate, les montées se font en marche rapide et les descentes en courant. Après une 1h30 de montée, nous arrivons à un superbe point de vue.




Petite descente sympa dans la neige.


Dans l'après-midi, je pars faire un tour au lac salé avec Jonathan (c'est le moment d'activer les synapses et de faire le lien avec le nom de la ville ...).


Encore un gros festin le soir, un très bon moment en compagnie de Tina et Jonathan. Le lendemain, je reprends la route pour Las Vegas (juste une petite ligne droite pendant 6 heures) où je prends l'avion qui me ramène à San Francisco. 

Au final, un superbe trip (plus de 3300 km en voiture), des paysages et des panoramas absolument bluffants, je recommande sans hésitation aucune ces pars nationaux, j'en ai pris plein de vue et j'espère avoir pu vous faire partager mon plaisir,

Pour ceux qui ont raté les premiers épisodes:

jeudi 26 juin 2014

Parcs nationaux Utah & Arizona 3/4

8e jour

Réveil avec le soleil après une nuit à admirer le ciel, je ne m'en lasse pas. Après le petit dej' rapidement expédié, je pars à Moab, petite ville un peu plus au nord. Je commence par aller à l'office du tourisme afin de trouver un endroit où camper pour le soir même (oui je sais, grosse planification). On me donne une liste de campings en bord de rivière où je devrais pouvoir trouver de la place. Après un passage aux deux premiers campings qui se trouvent être complets, je décide d'arrêter là mes recherches, ça attendra ce soir, faut quand même que j'aille faire un peu de sport.
Histoire de varier les plaisirs, aujourd'hui je loue un VTT. En effet, il y a à 3 km de Moab un circuit mondialement connu (pour ceux qui connaissent), Slickrock trail. Je vous laisse découvrir en vidéo à quoi ça ressemble.


Petite pause avec vue.


C'est absolument génial, le VTT absorbe toutes les bosses, un peu trop même et je commence à prendre un peu trop confiance ... et là c'est le drame. Alors que je descendais (assez vite j'avoue) une des nombreuses bosses, sans comprendre ce qui se passe, la roue avant se bloque et je pars en vol plané au dessus du vélo. Après un temps de vol d'environ un court moment, j'atterris avec délicatesse, je vous l'donne Emile, dans un cactus. Histoire de bien faire les choses, j'y plonge les deux mains en avant. Je me relève un peu sonné quand même, le vélo a l'air ok, j'ai quelques égratignures et quelques centaines d'épines plantées dans les deux mains et la jambe droite. J'ai bien une pince à épiler dans mon sac à dos mais c'est absolument impossible pour moi d'y accéder vu l'état de mes mains. 4 personnes arrivent peu après et s'arrêtent pour m'aider. Deux se mettent au travail sur mes mains pendant qu'une troisième s'occupe de ma jambe. Après une bonne demie-heure, le plus gros du travail est fait et je peux tant bien que mal reprendre la route. Et oui, parce que tant qu'à faire, j'ai choisi de tomber au point le plus éloigné de Moab. 
Va falloir passer par là.


De retour à Moab, je choisis de m'accorder une nuit de repos dans de bonnes conditions et prends une chambre dans un motel (j'ai bien fait de ne pas trop chercher un camping le matin même). Après un bon bain, je passe 3h à la pince à épiler pour continuer à enlever les épines. Plus d'un mois après, je continuais encore à en enlever au rythme de une ou deux par jour. Ca ressemble à ça, pas très gros et du coup, ça rentre tout seul dans la peau.


9e jour

Le lendemain, histoire d'accélérer la guérison, je prends un bain au sulfate de magnésium en mangeant un pot de Nutella à la cuillère, effet garanti. Je repars en fin de matinée, direction la partie nord de Canyonlands, nommée "Island in the Sky". Je passe par le visitor's center pour obtenir un backcountry permit qui me permet de camper pour deux nuits dans la cambrousse. Après cette formalité, place à la 1e sortie de la journée. C'est bien beau de jouer au touriste mais faudrait aussi penser à s'entrainer un peu. C'est parti pour le Neck Spring Trail, un petit single track bien sympathique tout en changement de rythme (données GPS). Après cette heure de course, je vais faire un tour aux différents points de vue du parc. Comme d'hab, une vue à couper le souffle (même celui d'un athlète comme moi).



J'enchaine ensuite sur Syncline Loop trail (données GPS), un chemin beaucoup plus technique, par moment difficile à suivre, comme l'indique le panneau. 


Je termine ce tour en quasiment 2h30 pour à peine 13 km, un bon entrainement de trail.
Place maintenant à une promenade un peu spéciale. En effet, je souhaite aller à False Kiva, un cercle de pierre fabriqué par l'homme qui se trouve dans un renfoncement à flan de falaise. La particularité de cet endroit est que ni le chemin ni l'endroit ne sont indiqués sur les cartes. En cherchant un peu sur Internet, j'avais réussi à trouver un trace GPS pour m'y rendre. Je gare donc ma voiture à côté du départ du chemin et commence à marcher. Je ne suis pas emballé par la direction que je prends et décide rapidement de faire demi-tour. Un peu plus loin, je trouve un chemin qui me plait beaucoup plus. Après une trentaine de minutes, j'arrive au bord de la falaise, il ne reste plus qu'à descendre et trouver la grotte. L'ambiance est absolument géniale, pas un bruit, j'ai l'impression d'arriver dans un endroit sacré. Je trouve facilement et découvre que trois photographes sont déjà là, à attendre le coucher de soleil. Comme vous m'êtes sympathiques, je vous donne la trace GPS pour y aller (le bon chemin commence à la 13e minute). Dans un élan de bonté, voici même une photo des lieux.


Cet endroit a été rendu célèbre avec la photo suivante, prise par Wally Pacholka.


Je pars avant la tombée de la nuit vu que mon appareil photo ne permet pas de prendre de bonnes photos en basse lumière. Arrivé à la voiture, je fais quelques miles (soit quelques/1.60934 kilomètres) pour aller au chemin qui doit me mener au bivouac. Il fait maintenant nuit noire et suivre le chemin n'est pas une mince affaire.


Au bout d'un moment, je me rappelle que je compte me lever à 5h30 pour aller voir le lever de soleil dans un autre endroit du parc. Ca ne sert donc à rien de trop m'éloigner vu que je vais devoir revenir à la voiture. Je choisis de dérouler mon matelas sur le chemin (je doute qu'il y ait beaucoup de passage). Contrairement à Bryce Canyon où il fallait se méfier des ours, ici le seul danger sont les rats. Le ranger m'avait conseillé de bien garder ma nourriture à proximité pour éviter de me faire piller. Je pense qu'avec mon sac comme oreiller, je suis tranquille. Vu que je dors sur un matelas de yoga aussi épais qu'un sandwich SNCF, je me réveille régulièrement, ce qui me permet de profiter du magnifique ciel étoilé.


vendredi 23 mai 2014

Parcs nationaux Utah & Arizona 2/4

5e jour

Après ce petit tour à Zion et Bryce Canyon, je prends la direction de l'Utah pour ma nouvelle destination, la petite ville de Page au bord du lac Powell. Je choisis de poser la tente sur une plage au bord du lac. Et qui plage dit sable. Je m'engage confiant sur la piste qui mène à la plage jusqu'au moment où je réalise que je roule dans le sable avec ma Ford Focus. Le conseil Bison Pas Fufute du jour : ce n'est pas une bonne idée. Je me retrouve ensablé en 2 secondes. Le conseil Bison Pas Fufute du jour numéro 2 : pelleter avec les mains, ça ne marche pas. Je dois avouer que je suis un peu embêté, je n'ai pas envie de rater le coucher de soleil. Un 4x4 arrive peu après en sens inverse et de manière fort aimable, propose de me sortir de là. Souci: j'ai beau chercher sous la voiture, je ne trouve aucun crochet de remorquage. Pas grave : l'attache du pot d'échappement fera bien l'affaire (pas trop le choix de tout façon). Comme prévu (ou espéré), ça tient et me voilà désensablé. Mon remorqueur m'indique même une autre piste pour aller à la plage sans risque. J'installe mon bivouac sur la plage bien au calme et profite du paysage.


6e jour

Pour une fois, je n'ai pas froid la nuit et je dors presque pas trop mal (merci le sable). La bonne ganache du réveil.

 

Petit photo du lever de soleil pour la route.


Je pars ensuite pour Horseshoe Bend à quelques miles de là pour prendre le petit déjeuner.


Encore un bon petit coin sympa.


Comme je me suis levé tôt, j'arrive un peu en avance pour la visite d'Antelope Canyon dont les portes ouvrent à 8h. A la différence des autres sites visités jusque là en totale liberté et au calme, ici c'est tour organisé avec guide et faut rester avec le guide. Cela dit, cela peut se comprendre étant donné que le canyon fait moins de 200 mètres de long et est assez étroit. Ceci étant, le site est vraiment très impressionnant. Du fait de l'étroitesse du canyon, il y a très peu de lumière qui rentre et ça créé une ambiance magique (encore plus parait-il quand on le visite vers 11h-midi et que quelques rayons de soleil pénètrent dans le canyon). Je vous laisse le découvrir en photo.





Après cette visite magique, je reprends la route direction Monument Valley à 2h de là. Tout le monde a déjà vu des images de cet endroit, rendu célèbre par les westerns de John Ford. Il est possible de faire le tour du site en voiture sur une piste avec un peu de sable. Des québecois rencontrés le matin à Antelope m'avait déconseillé d'y aller avec ma voiture. Je me dis que ce ne serait vraiment pas de chance de s'ensabler 2 jours de suite, du coup, je décide d'y aller..
Bande sonore réalisée sur place.




Avant tout remarque désobligeante, je tiens à signaler que les musiques sont tirées du film "Le bon, la brute et le truand" dont aucune scène n'a été tournée à Monument Valley, mea culpa, c'était les seules musiques de western que j'avais avec moi à ce moment-là.
Ca rend bien aussi en photo.


Sur la montée finale pour sortir du parc, je vois un 4x4 s'ensabler et s'arrêter à mi-pente. Oups ... J'en déduis que le côté droit de la piste n'est pas la bonne option, je passe donc à gauche avec un maximum de vitesse, ça patine, un nuage de sable se forme autour de la voiture, je suis presque à l'arrêt, c'est limite mais ça finit par passer, trop facile.
Maintenant direction Goosenecks à 1h de route pour aller bivouaquer. Je m'arrête sur la rive de la San Juan river et décide de laisser la tente dans le coffre. Ce soir, j'aurai le ciel pour décor. La nuit est fraîche mais le spectacle du ciel étoilé est splendide. 

7e jour

Evidemment je suis réveillé assez tôt.


Ca c'est du méandre de compétition.


Après le petit dej, c'est parti pour 3h de route, destination Canyonlands the Needles, un autre parc national. J'arrive trop tard pour obtenir un permis de camping. Je me contenterai donc d'une ballade à la journée. Après la journée de repos d'hier, il est temps de se remettre au sport. C'est parti pour une belle sortie de 28 km (données GPS). Les paysages sont encore différents de ce que j'ai vu jusqu'à présent. Le chemin est un single track qui invite à la course, je me régale.




Druid arch.



Va falloir arrêter les hamburgers, ça frotte un peu.


Je tire un peu la langue sur la fin et termine en marchant. Je reprends la voiture pour aller au point de vue sur le parc. Le panorama est encore une fois incroyable (je commence à manquer de superlatif).


De là, je pars tenter ma chance dans un camping qui se trouve à une vingtaine de miles de là au bout d'une piste (pas de sable cette fois-ci, je suis tranquille). A ma grande surprise, je ne suis pas seul, un couple de québecois a aussi décidé de passer la nuit dans cet endroit. Je me trouve un petit coin pour ne pas installer la tente. Je serai bien là.


Je profite encore une fois d'un magnifique coucher de soleil.


La suite au prochain numéro.