mercredi 13 juin 2012

Alaska : Denali

Après cette escale canadienne, je réalise un rêve de longue date, aller en Alaska. Depuis la lecture des romans de Jack London, James Oliver Curwood et Bernard Clavel de papa quand j'étais adolescent, le grand nord que ce soit en Alaska ou au Canada me faisait rêver. Le film "Into the wild" plus tard a encore renforcé mon désir d'y aller. C'est tout excité que je débarque à Anchorage où je reste 2 jours le temps de planifier mes aventures. Je pars ensuite en stop pour le nord, direction le parc national Denali où se trouve mount McKinley (ou mount Denali pour les locaux), le point culminant des USA (6194 mètres). Je commence par le Kesugi Ridge Trail, 2 jours de rando le long d'une arête avec de très belles vues (en théorie) sur les montagnes. Dès le départ, je fais connaissance avec les moustiques, de taille impressionnante. Étant dans une région où les ours sont légion, je me suis équipé en conséquence. Comme je randonne seul, j'ai acheté une clochette pour faire du bruit et les prévenir de mon arrivée. Soyons honnête, je me sens comme le marchand de glaces dans son camion avec sa musique pour attirer les clients mais bon il paraît que c'est la bonne méthode, faisons confiance aux locaux. En cas d'agression par un ours, j'ai également un spray au poivre comme ceux qu'on trouve en Europe pour se protéger des agresseurs mais celui-là est pour grizzly. Tout équipé, je me mets donc en route au bord d'un lac. C'est là haut que je dois monter.


J'attaque ensuite la montée vers la crête sur un chemin visiblement peu fréquenté.
Paysage typique d'Alaska.


Le lac d'où je suis parti vu de la crête.


Et sur la crête, ça ressemble à ça. Peu de végétation et un peu de neige.


Après 5 heures de marche dont une bonne partie sous la pluie, j'établis mon campement près de Skinny Lake. Je n'ai vu personne aujourd'hui.


Le conseil grizzly fûté du jour : si vous faites de la rando en Alaska en été, laissez la frontale à la maison et prenez un masque pour les yeux parce que même à 1h du mat', il fait jour. Du coup, réveil à 4h pour un départ à 5h30 sous une pluie fine. Beaucoup d'arbres en travers du chemin ralentissent ma progression.
Oui le chemin passe par là.


Petite vidéo pour la route.


Le brouillard masque le paysage mais de temps en temps, ça de dégage brièvement, le temps de profiter du paysage.


Pour ne pas perdre le chemin, il y a des cairns mais je le perds plusieurs fois en traversant des névés dans le brouillard. C'est assez fun de passer en mode pisteur pour retrouver le chemin (ça me prendra 20 minutes une fois). Après 9h de marche, j'attaque la descente qui indique la fin du trek. Peu avant d'arriver à la route, je vois ça.


Elle est toute fraîche donc je ne traîne pas trop dans le coin. Une belle rando même si le mauvais temps ne m'a pas permis de profiter des montagnes environnantes. Je fais du stop pour aller à Healy un peu plus au nord où je passe la nuit.
Le lendemain, je pars pour le Stampede Trail qui mène au magic bus de "Into the wild". C'est parti pour 80 kilomètres de rando en solo dans la forêt. J'espère que je n'ai rien oublié parce qu'il y a plus de chances que je croise un ours qu'un humain. J'adore ce sentiment de liberté totale, matos de camping et bouffe pour 6 jours dans le sac à dos, je suis complètement indépendant. Le chemin est bien tracé mais inondé et soyons honnête, l'eau est franchement froide.


J'arrive à la Savage River que je traverse sans problème. Comme d'habitude, la pluie m'accompagne. Au bout de 4h de marche, j'arrive à la Teklanika River et comme on m'avait prévenu, le niveau de l'eau est très élevé.


C'est cette même rivière qui a empêché Christopher McCandless de revenir à la civilisation et l'a obligé à retourner à son bus où il mourut de faim. Ça me paraît vraiment trop risqué de traverser et ce d'autant plus que je suis tout seul. Je dois m'incliner devant la nature qui est la plus forte. On apprend plus de ses échecs que de ses succès. Je rêvais depuis très longtemps de visiter le bus mais ce rêve ne mérite pas que je risque ma vie pour l'assouvir (une randonneuse s'y est noyée en 2010). Je décide de rester là pour la nuit et plante ma tente au milieu des arbres.


Départ à 5h du mat', en sens inverse cette fois-ci. Je retraverse la Savage River dont le niveau a monté depuis la veille (j'ai vraiment bien fait de faire demi-tour). À cette heure matinale, la lumière est magique et les paysages exceptionnels.




Une petite vidéo pour la route.


La pluie se remet à tomber violemment alors que je vois le ciel bleu pas loin. Il devrait y avoir un arc-en-ciel pas loin. Je me retourne et en découvre un magnifique, comme une porte de sortie de ce trek qui me laissera un sentiment mitigé, déçu de ne pas avoir atteint le bus mais content d'avoir pris la bonne décision et d'avoir profité de paysages magnifiques ce matin.


Avec ce départ matinal, je suis de retour à la route tôt, ce qui me laisse assez de temps pour rentrer en stop à Anchorage (pas loin de 400 bornes quand même). Je retrouve les joies de la civilisation et notamment une bonne douche chaude après 4 jours de rando. Je m'accorde une journée à Anchorage avant de partir pour de nouvelles aventures dans le sud à la péninsule Kenai.

2 commentaires:

  1. toujours aussi captivant Sylvain ! Fais gaffe à toi quand même, et continue à nous faire rêver...

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  2. L'eleboniste sans frontière se la joue mini rikiki là on dirait! :-)
    Pourtant ça m'a l'air moins froid que le Népal non ?

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