lundi 30 avril 2012

Népal : Langtang

Après 2 jours de repos à Pokhara, je reprends le bus pour Kathmandu où j'arrive en fin de journée. Pour la suite, je me suis prévu l'enchaînement Helambu trek, Langtang trek et Tamang Heritage trek, ce qui devrait m'occuper une dizaine de jours.

1e jour: Sundarijal (1300m) - Pati Bhanjyang (1764m)

Le lendemain matin, je vais acheter mes permis de trekking et prend ensuite le bus pour Sundarijal, point de départ de l'Helambu trek. J'ai le temps de marcher un peu dans l'après-midi et arriver à Pati Bhanjyang.

2e jour: Pati Bhanjyang - Phedi (3800 environ)

Aujourd'hui, je me suis prévu un gros programme. Monter le plus haut possible pour me rapprocher du point culminant du trek, le col de Laurebina qui culmine à 4610 mètres. Le temps est au beau fixe et la température est idéale. Le chemin suit plus ou moins la crête. Je croise beaucoup de pistes (quand je ne marche dessus).


Même si les paysages ne sont pas exceptionnels, le chemin a du charme, notamment quand les arbres sont en fleurs.


Je ne fait quasiment que monter mais ça va, je me sens en forme. Ca tombe bien parce que j'ai décidé de faire ce trek en mode entrainement, c'est à dire marcher un maximum chaque jour histoire de retrouver la forme. La fin de la journée est difficile. Je pensais être presque arrivé en atteignant une arête mais Phedi se trouve encore à plus de 2h de marche loin au fond de la vallée. J'y arrive finalement au bout de 10 heures de marche.

3e jour: Phedi - Rimche

Aujourd'hui, un col à plus de 4000 au programme. Je démarre lentement la montée. Il ne fait plus très chaud et je n'ai pas trop la patate. J'atteinds le col perché à 4610 mètres en plus de 2 heures et attaque la  descente avec des jolis paysages.


Après une longue descente en courant (2h), j'arrive à Thulo Shyaphru pour la pause déjeuner. J'attaque maintenant le trek du Langtang, longue vallée accessible uniquement à pied. Je reprends mon chemin et commence la remontée de la vallée. Encouragé comme d'habitude par les "not possible" des locaux, j'arrive en fin de journée à Rimche après une dizaine d'heures de marche/course. Je me sens mieux en fin de journée, je pense que j'étais montée trop vite le matin et la veille, ce qui explique mon passage à vide du matin.

4e jour: Phedi - Kyanjin Gumba (3800m)

Après une bonne nuit de 12h, je me mets tranquillement en route pour la dernière portion de montée jusqu'à Kyanjin Gumba. Le repos m'a remis sur pied, j'ai la patate. Et ce d'autant plus que j'aperçois à nouveau les premiers sommets enneigés.


En chemin, je croise un nouveau type de moulin à prières. Le problème du modèle traditionnel, c'est qu'il faut le tourner à la main. Avec le moulin à prières à entrainement hydraulique, le problème est réglé.


L'arrivée au village ne manque pas de me surprendre. A 2 jours de marche de la première piste, je pensais tomber sur un petit hameau mais le village est en fait assez grand. Le temps est magnifique et la vue sur le Langtang Lirung (7227m) est magnifique (c'est le sommet enneigé à gauche).


Je suis maintenant arrivé au dernier village de la vallée où je vais rester quelques jours et faire des excursions à la journée.

5e jour: Kyanjin Gumba

Au programme aujourd'hui, l'ascension du Tserko Ri qui culmine à 4984 mètres (moins que rien). Comme prévu, je fais la montée au pas de course (sommet atteint en moins de 2h pour 5 à 6 heures annoncées par l'aubergiste). Les paysages sont magnifiques.


La fin dans la neige est un peu délicate. Et hop un (presque) 5000 en short.


La vue à 360° au sommet est absolument magnifique.


Je me fais la descente en courant et suis de retour au village en 3h, pile poil pour le déjeuner, ce qui ne manque pas de surprendre l'aubergiste. Après un bon repas, je décide de me faire un petit décrassage en montant au stupa qui domine le village. Suite à une incompréhension avec l'aubergiste, je prends le mauvais chemin.


Cela dit, c'est joli quand même. Je redescend le long de la crête.


Je passe par le Kyangin Ri (4773m).


J'arrive finalement à mon point de vue sous la neige qui commence à tomber. Ya plus qu'à redescendre au village maintenant.


6e jour: Kyanjin Gompa

Journée tranquille au programme aujourd'hui. Je vais remonter la vallée le long de la rivière. Comme d'habitude, le temps est dégagé le matin.


Je suis de retour au village après 5h de marche bien pépère. Je décide de repartir pour un petit bout en direction du camp de base du Langtang Lirung histoire d'occuper ma fin d'après-midi.
Belle vue du Kyanjin Ri (à gauche) et du point de vue (à droite) où j'étais monté la veille.


Je redescends tout droit à travers les rochers et les broussailles, un vrai régal.
Belle vue sur Kyanjin Gompa éclairé par le soleil couchant.


7e jour: Kyanjin Gompa - Briddhim

Aujourd'hui, j'attaque la redescente de la vallée. Je fais une petite pause en chemin histoire de ...


Passée cette pause ultra revigorante, je me remets en route. Je suis maintenant sur l'autre versant de la vallée.
Thulo Shyaphru où j'avais fait une pause déjeuner quelques jours plus tôt.


En redescendant, je retrouve les typiques paysages de terrasses.


J'arrive à Briddhim en fin de journée après une petite journée (7h de marche).

8e jour: Briddhim - Tatopani

Sous un grand soleil matinal, je termine la descente jusqu'à la rivière. Par curiosité, je choisis de remonter la vallée pour aller voir la frontière tibéto sino-népalaise. Soyons honnêtes ça ne casse pas cinq pattes à une tarentule. Les montagnes tibétaines ressemblent on ne peut plus à celles du Népal.


Forcément une fois qu'on est au fond de la vallée, maintenant il faut remonter. Après 2h30 de montée bien raide, j'arrive à Thuman pour une petite pause thé avant d'attaquer le col du jour. La montée vers le col se révèle être plus longue que prévue (re 2h) avec notamment deux belles fausses joies (ça y est, j'y suis ... ou pas). De là, je redescends sur Tatopani, qui, comme vous le savez maintenant, signifie "eau chaude" en népalais. J'ai donc le plaisir de reprendre un bon bain chaud même si la couleur de l'eau est un peu douteuse.
Tatopani avec le Mont Blanc en arrière plan.


9e jour: Tatopani - Dhunche

Au petit déjeuner, je reçois une bonne nouvelle de France avec le résultat des élections présidentielles. Je ne sais pas comment le groupe de français à côté de moi a reçu l'info mais il n'a pas fallu bien longtemps pour que j'apprenne la nouvelle. Aujourd'hui, pour ce qui devrait être mon dernier jour de trek au Népal, je prends mon temps et profite du moment.
Encore et toujours des terrasses.


Je me pose à Gatlang pour le déjeuner.


De là, je décide de partir en mode freestyle. Depuis Gatlang, je repère de loin un petit chemin qui mène au col de Balbuto mais impossible de trouver le départ de ce chemin depuis la piste. Du coup, je monte tout droit en espérant tomber dessus à un moment donné. Après une vingtaine de minutes, je finis par le croiser et termine l'ascension au col en suivant avec pas mal de difficultés le chemin. N'étant pas très marqué (doux euphémisme), je le perds plusieurs fois mais je finis par déboucher sur l'arête pour découvrir une belle piste tout neuve un peu plus loin qui n'apparait pas sur ma carte.


Pour l'instant, je ne suis pas dans le bon vallon, je dois passer de l'autre côté de l'arête en haut à gauche sur la photo précédente. Je descends à la piste, la suis un moment et tombe sur une népalaise qui m'indique le chemin pour atteindre l'arête (ma carte au 125 000 ne m'aidant guère). N'étant pas franchement emballé par ses indications, je décide de suivre mon instinct et je prends un autre chemin. Bonne inspiration, je finis par déboucher sur le bon vallon.
A droite, le village de Nesing par lequel je dois passer avant de descendre la vallée pour remonter à Dhunche (à gauche sur la photo).


J'arrive rapidement à Nesing. Plus qu'à aller de l'autre côté maintenant.


J'estime le temps restant à 30 minutes de descente et 1h de montée, ce qui se révèlera un poil optimiste. L'après-midi étant déjà bien avancée, je descends au pas de course à la rivière, ce qui me prend quand même 1h10. Plus qu'à remonter maintenant. La montée est aussi raide que la descente ne l'était, un bel exercice de renforcement musculaire. Etant dans la forêt, je ne peux pas voir la route au dessus. La nuit tombe rapidement. Là où c'est rigolo, c'est que je suis sur un chemin non marqué sur ma carte, seul, avec aucune idée de la distance à parcourir. La seule information valable dont je dispose, c'est qu'il faut monter et qu'à un moment donné je vais croiser une route qu'il faudra remonter pour arriver à Dhunche, simple non ? Je passe donc en mode nuit avec la frontale calée sur le front et continue à monter, pas grand chose d'autre à faire de toutes façons. J'adore cette ambiance nocturne et silencieuse. Ca me rappelle mes footings en forêt de Compiègne il y a quelques années. Finalement, au bout d'une trentaine de minutes, je finis par déboucher sur la route et quelques minutes plus tard j'arrive à Dhunche après 11h de marche d'une journée mémorable. Entre les difficultés pour trouver mon chemin et la fin à la frontale, j'ai terminé en beauté ces 28 jours de rando au Népal. Au final, un trek avec des paysages magnifiques, notamment autour de Kyanjin Gompa et ce, avec beaucoup moins de randonneurs que dans l'Annapurna Himal.

Départ le lendemain en bus pour Kathmandu. Histoire d'épicer le retour, je me fais la descente de la vallée sur le toit du bus, sensations fortes garanties mais confort limité (heureusement qu'il n'y en avait que pour 6h).


Arrivé à Kathmandu, je me pose avec un français et un suisse rencontrés dans le bus et je ne fais rien de ma dernière journée avant de m'envoler pour San Francisco.


1 commentaire:

  1. Dis donc, ça fait cher le roupis népalais ça!!! 5€ les 0 roupis! Je comprends pas qu'ils ne soient pas milliardaires ces népalais! :-)

    J'aime bien au passage les nouvelles expressions qui s'adaptent forcément au pays: 'Ya pas de quoi casser 5 pattes à une tarentule!" :-) Très exotique hihi ^^

    Les trek avec toi c'est toujours dans la finesse à ce que je vois. "Le sentier? Mais quel sentier?!! Bon on va tracer tout droit par là on devrait bien y arriver!" héhé :-)
    Même les locaux qui renseignent ta route (alors que t'es perdu quand même) tu ne les écoutes pas! :-p

    Sacré Sylvain!

    PS: Toujours un plaisir de te lire, quel humour! :-)

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