jeudi 26 juin 2014

Parcs nationaux Utah & Arizona 3/4

8e jour

Réveil avec le soleil après une nuit à admirer le ciel, je ne m'en lasse pas. Après le petit dej' rapidement expédié, je pars à Moab, petite ville un peu plus au nord. Je commence par aller à l'office du tourisme afin de trouver un endroit où camper pour le soir même (oui je sais, grosse planification). On me donne une liste de campings en bord de rivière où je devrais pouvoir trouver de la place. Après un passage aux deux premiers campings qui se trouvent être complets, je décide d'arrêter là mes recherches, ça attendra ce soir, faut quand même que j'aille faire un peu de sport.
Histoire de varier les plaisirs, aujourd'hui je loue un VTT. En effet, il y a à 3 km de Moab un circuit mondialement connu (pour ceux qui connaissent), Slickrock trail. Je vous laisse découvrir en vidéo à quoi ça ressemble.


Petite pause avec vue.


C'est absolument génial, le VTT absorbe toutes les bosses, un peu trop même et je commence à prendre un peu trop confiance ... et là c'est le drame. Alors que je descendais (assez vite j'avoue) une des nombreuses bosses, sans comprendre ce qui se passe, la roue avant se bloque et je pars en vol plané au dessus du vélo. Après un temps de vol d'environ un court moment, j'atterris avec délicatesse, je vous l'donne Emile, dans un cactus. Histoire de bien faire les choses, j'y plonge les deux mains en avant. Je me relève un peu sonné quand même, le vélo a l'air ok, j'ai quelques égratignures et quelques centaines d'épines plantées dans les deux mains et la jambe droite. J'ai bien une pince à épiler dans mon sac à dos mais c'est absolument impossible pour moi d'y accéder vu l'état de mes mains. 4 personnes arrivent peu après et s'arrêtent pour m'aider. Deux se mettent au travail sur mes mains pendant qu'une troisième s'occupe de ma jambe. Après une bonne demie-heure, le plus gros du travail est fait et je peux tant bien que mal reprendre la route. Et oui, parce que tant qu'à faire, j'ai choisi de tomber au point le plus éloigné de Moab. 
Va falloir passer par là.


De retour à Moab, je choisis de m'accorder une nuit de repos dans de bonnes conditions et prends une chambre dans un motel (j'ai bien fait de ne pas trop chercher un camping le matin même). Après un bon bain, je passe 3h à la pince à épiler pour continuer à enlever les épines. Plus d'un mois après, je continuais encore à en enlever au rythme de une ou deux par jour. Ca ressemble à ça, pas très gros et du coup, ça rentre tout seul dans la peau.


9e jour

Le lendemain, histoire d'accélérer la guérison, je prends un bain au sulfate de magnésium en mangeant un pot de Nutella à la cuillère, effet garanti. Je repars en fin de matinée, direction la partie nord de Canyonlands, nommée "Island in the Sky". Je passe par le visitor's center pour obtenir un backcountry permit qui me permet de camper pour deux nuits dans la cambrousse. Après cette formalité, place à la 1e sortie de la journée. C'est bien beau de jouer au touriste mais faudrait aussi penser à s'entrainer un peu. C'est parti pour le Neck Spring Trail, un petit single track bien sympathique tout en changement de rythme (données GPS). Après cette heure de course, je vais faire un tour aux différents points de vue du parc. Comme d'hab, une vue à couper le souffle (même celui d'un athlète comme moi).



J'enchaine ensuite sur Syncline Loop trail (données GPS), un chemin beaucoup plus technique, par moment difficile à suivre, comme l'indique le panneau. 


Je termine ce tour en quasiment 2h30 pour à peine 13 km, un bon entrainement de trail.
Place maintenant à une promenade un peu spéciale. En effet, je souhaite aller à False Kiva, un cercle de pierre fabriqué par l'homme qui se trouve dans un renfoncement à flan de falaise. La particularité de cet endroit est que ni le chemin ni l'endroit ne sont indiqués sur les cartes. En cherchant un peu sur Internet, j'avais réussi à trouver un trace GPS pour m'y rendre. Je gare donc ma voiture à côté du départ du chemin et commence à marcher. Je ne suis pas emballé par la direction que je prends et décide rapidement de faire demi-tour. Un peu plus loin, je trouve un chemin qui me plait beaucoup plus. Après une trentaine de minutes, j'arrive au bord de la falaise, il ne reste plus qu'à descendre et trouver la grotte. L'ambiance est absolument géniale, pas un bruit, j'ai l'impression d'arriver dans un endroit sacré. Je trouve facilement et découvre que trois photographes sont déjà là, à attendre le coucher de soleil. Comme vous m'êtes sympathiques, je vous donne la trace GPS pour y aller (le bon chemin commence à la 13e minute). Dans un élan de bonté, voici même une photo des lieux.


Cet endroit a été rendu célèbre avec la photo suivante, prise par Wally Pacholka.


Je pars avant la tombée de la nuit vu que mon appareil photo ne permet pas de prendre de bonnes photos en basse lumière. Arrivé à la voiture, je fais quelques miles (soit quelques/1.60934 kilomètres) pour aller au chemin qui doit me mener au bivouac. Il fait maintenant nuit noire et suivre le chemin n'est pas une mince affaire.


Au bout d'un moment, je me rappelle que je compte me lever à 5h30 pour aller voir le lever de soleil dans un autre endroit du parc. Ca ne sert donc à rien de trop m'éloigner vu que je vais devoir revenir à la voiture. Je choisis de dérouler mon matelas sur le chemin (je doute qu'il y ait beaucoup de passage). Contrairement à Bryce Canyon où il fallait se méfier des ours, ici le seul danger sont les rats. Le ranger m'avait conseillé de bien garder ma nourriture à proximité pour éviter de me faire piller. Je pense qu'avec mon sac comme oreiller, je suis tranquille. Vu que je dors sur un matelas de yoga aussi épais qu'un sandwich SNCF, je me réveille régulièrement, ce qui me permet de profiter du magnifique ciel étoilé.


vendredi 23 mai 2014

Parcs nationaux Utah & Arizona 2/4

5e jour

Après ce petit tour à Zion et Bryce Canyon, je prends la direction de l'Utah pour ma nouvelle destination, la petite ville de Page au bord du lac Powell. Je choisis de poser la tente sur une plage au bord du lac. Et qui plage dit sable. Je m'engage confiant sur la piste qui mène à la plage jusqu'au moment où je réalise que je roule dans le sable avec ma Ford Focus. Le conseil Bison Pas Fufute du jour : ce n'est pas une bonne idée. Je me retrouve ensablé en 2 secondes. Le conseil Bison Pas Fufute du jour numéro 2 : pelleter avec les mains, ça ne marche pas. Je dois avouer que je suis un peu embêté, je n'ai pas envie de rater le coucher de soleil. Un 4x4 arrive peu après en sens inverse et de manière fort aimable, propose de me sortir de là. Souci: j'ai beau chercher sous la voiture, je ne trouve aucun crochet de remorquage. Pas grave : l'attache du pot d'échappement fera bien l'affaire (pas trop le choix de tout façon). Comme prévu (ou espéré), ça tient et me voilà désensablé. Mon remorqueur m'indique même une autre piste pour aller à la plage sans risque. J'installe mon bivouac sur la plage bien au calme et profite du paysage.


6e jour

Pour une fois, je n'ai pas froid la nuit et je dors presque pas trop mal (merci le sable). La bonne ganache du réveil.

 

Petit photo du lever de soleil pour la route.


Je pars ensuite pour Horseshoe Bend à quelques miles de là pour prendre le petit déjeuner.


Encore un bon petit coin sympa.


Comme je me suis levé tôt, j'arrive un peu en avance pour la visite d'Antelope Canyon dont les portes ouvrent à 8h. A la différence des autres sites visités jusque là en totale liberté et au calme, ici c'est tour organisé avec guide et faut rester avec le guide. Cela dit, cela peut se comprendre étant donné que le canyon fait moins de 200 mètres de long et est assez étroit. Ceci étant, le site est vraiment très impressionnant. Du fait de l'étroitesse du canyon, il y a très peu de lumière qui rentre et ça créé une ambiance magique (encore plus parait-il quand on le visite vers 11h-midi et que quelques rayons de soleil pénètrent dans le canyon). Je vous laisse le découvrir en photo.





Après cette visite magique, je reprends la route direction Monument Valley à 2h de là. Tout le monde a déjà vu des images de cet endroit, rendu célèbre par les westerns de John Ford. Il est possible de faire le tour du site en voiture sur une piste avec un peu de sable. Des québecois rencontrés le matin à Antelope m'avait déconseillé d'y aller avec ma voiture. Je me dis que ce ne serait vraiment pas de chance de s'ensabler 2 jours de suite, du coup, je décide d'y aller..
Bande sonore réalisée sur place.




Avant tout remarque désobligeante, je tiens à signaler que les musiques sont tirées du film "Le bon, la brute et le truand" dont aucune scène n'a été tournée à Monument Valley, mea culpa, c'était les seules musiques de western que j'avais avec moi à ce moment-là.
Ca rend bien aussi en photo.


Sur la montée finale pour sortir du parc, je vois un 4x4 s'ensabler et s'arrêter à mi-pente. Oups ... J'en déduis que le côté droit de la piste n'est pas la bonne option, je passe donc à gauche avec un maximum de vitesse, ça patine, un nuage de sable se forme autour de la voiture, je suis presque à l'arrêt, c'est limite mais ça finit par passer, trop facile.
Maintenant direction Goosenecks à 1h de route pour aller bivouaquer. Je m'arrête sur la rive de la San Juan river et décide de laisser la tente dans le coffre. Ce soir, j'aurai le ciel pour décor. La nuit est fraîche mais le spectacle du ciel étoilé est splendide. 

7e jour

Evidemment je suis réveillé assez tôt.


Ca c'est du méandre de compétition.


Après le petit dej, c'est parti pour 3h de route, destination Canyonlands the Needles, un autre parc national. J'arrive trop tard pour obtenir un permis de camping. Je me contenterai donc d'une ballade à la journée. Après la journée de repos d'hier, il est temps de se remettre au sport. C'est parti pour une belle sortie de 28 km (données GPS). Les paysages sont encore différents de ce que j'ai vu jusqu'à présent. Le chemin est un single track qui invite à la course, je me régale.




Druid arch.



Va falloir arrêter les hamburgers, ça frotte un peu.


Je tire un peu la langue sur la fin et termine en marchant. Je reprends la voiture pour aller au point de vue sur le parc. Le panorama est encore une fois incroyable (je commence à manquer de superlatif).


De là, je pars tenter ma chance dans un camping qui se trouve à une vingtaine de miles de là au bout d'une piste (pas de sable cette fois-ci, je suis tranquille). A ma grande surprise, je ne suis pas seul, un couple de québecois a aussi décidé de passer la nuit dans cet endroit. Je me trouve un petit coin pour ne pas installer la tente. Je serai bien là.


Je profite encore une fois d'un magnifique coucher de soleil.


La suite au prochain numéro.

jeudi 15 mai 2014

Parcs nationaux Utah & Arizona 1/4

Après un mois et demi passé à San Francisco, je décide de partir 14 jours dans l'Utah et l'Arizona pour faire un tour dans les parcs nationaux. J'avais prévu de passer par là pendant mon tour du monde mais par manque de temps, je n'y avait pas été. Ce n'était que partie remise.

1e jour

Réveil à 3h30 jeudi matin pour prendre l'avion à destination de Las Vegas. De là, je récupère ma voiture de location, fais quelques emplettes pour le camping et pars direction Zion national park à 2h de route. J'y arrive vers 3h de l'après-midi, ce qui me laisse un peu de temps pour aller taquiner du sentier. Après un rapide passage au visitor's center, je prends la navette (obligatoire pour se déplacer dans la vallée) et attaque Observation trail, 13 km aller-retour avec 700 mètres de dénivelé positif. Dès le début de la montée, j'ai les mollets qui couinent méchamment (ce n'était pas une bonne idée les sprints en côte 2 jours avant). Histoire de me réveiller un peu, je décide de le faire en courant. 1h et des cagettes après, j'arrive au sommet, la vue est splendide.


Après une courte pause, j'attaque la descente, j'adore ces moments au milieu de la nature, à courir sans raison, sans penser, juste à prendre du plaisir. J'arrive rapidement en bas (données GPS) et reprends la navette pour aller au point de départ de Angel's Landing, une rando dont la particularité est de passer sur une arête particulièrement étroite, fortement déconseillé aux personnes ayant le vertige.
Encore une fois, j'attaque la montée en courant mais je commence à manquer un peu de jus et termine en marchant, ce qui est quand même plus sûr.


C'est par là.


Comme il est déjà tard, j'ai la chance de me retrouver seul au sommet  alors que c'est une des randos les plus populaires du parc.


Je redescend rapidement à la route pour prendre la navette et retourner à la voiture. Mission suivante : trouver un endroit où camper, vu que je n'ai évidemment rien réservé. Un Ranger m'avait indiqué un camping à une trentaine de km du parc sur une route secondaire. Il m'avait précisé qu'il n'était pas très bien indiqué et effectivement de nuit, impossible de le trouver. Je continue sur cette route pour aller voir un camping indiqué sur ma carte à Lava Point. Après une vingtaine de km dont dix sur une piste en terre, j'arrive enfin au camping et découvre qu'il est fermé. Comme il est déjà bien tard et que je suis bien crevé, je décide de m'arrêter là pour la nuit et dors dans la voiture. 

2e jour

Comme vous pouvez le voir dans la vidéo ci-dessous, j'aurais pu tomber plus mal.


Une fois le petit déj avalé, je décide de déposer la voiture à mi-chemin, au début de la route secondaire. Je prépare mon sac pour la journée et me mets au bord de la route pour revenir en stop à Lava Point. Les 3 premières voitures s'arrêtent et me rapprochent d'une vingtaine de km. Je me rends compte que de l'endroit où la dernière voiture m'a déposé, il y a un chemin qui mène à Lava Point pour une dizaine de km en plus. Comme dirait Kilian "plus de km, plus de fun". C'est parti pour une sortie longue (enchainement Wildcat Canyon trail et West Rim Trail) mais sans trop de dénivelé positif. J'attaque tout de suite en courant, le chemin est relativement plat et serpente dans la forêt, un régal. J'ai de la chance, le ciel est un peu couvert et il fait moins chaud. En une grosse heure, je suis de retour à Lava Point et je me lance à l'assaut du long plateau qui doit me ramener à Angel's Landing. Les paysages sont magnifiques.



Je croise un groupe de traileurs mais eux ne sont pas des feignants et ils font le chemin dans le sens de la montée. Au bout de 4h, j'arrive à l'extrémité du plateau, je n'ai plus qu'à redescendre dans la vallée.
Petit aperçu du chemin.


Petit aperçu de la vallée.


Je termine cette rando en peu moins de 5h pour 31 km (données GPS). Je peux maintenant enchainer par the Narrows que je vous laisse découvrir en vidéo. Pour une fois j'avais anticipé un peu et j'avais loué des bâtons la veille pour faire cette balade.


C'est par là.


Après quelques km, je décide de faire demi-tour, l'eau est vraiment froide et il y a beaucoup trop de monde à mon goût. De retour à l'entrée du parc, j'attends environ 3 minutes avant qu'une voiture ne s'arrête et ne me dépose à ma voiture une vingtaine de km plus loin. Je retourne ensuite au village à l'entrée du parc faire quelques courses, prendre une douche (le bonheur) et prends ensuite la route direction Bryce Canyon National Park à 2h de là. J'arrive à la nuit tombée et m'installe au 1e camping venu au bord de la route.

3e jour

Le lendemain je me lève à 5h30 en espérant aller voir le lever du soleil (manque de pot, je me rendrai compte une semaine plus tard qu'il y a une heure de décalage horaire entre le Nevada et l'Utah). J'arrive trop tard mais sans regret car le ciel était couvert. Je me rends ensuite au visitor's center pour obtenir un permis pour camper dans le parc, Au programme des 2 prochains jours, partir de l'extrémité du parc et revenir en 2 jours à l'entrée du parc (Under the Rim trail). Je dépose la voiture à Bryce Point où je fais quelques photos, ça envoie déjà du lourd.



Je fais ensuite du stop pour aller à mon point de départ où j'arrive assez rapidement.


Je me mets en route sur un single track absolument magnifique qui me donne une furieuse envie de courir. Cela dit, mon sac à dos, avec notamment 2 galons d'eau (un pour chaque épaule), pèse un âne mort. Et oui, c'est assez inhabituel, mais toutes les rivières sont à sec et je dois transporter de l'eau pour 2 jours (avec 8L, je pense que ça devrait aller). Comme d'hab, j'en prends plein la vue.




La pluie me tient compagnie pendant un petit moment. Je perds le chemin à plusieurs reprises à cause des lits de rivières asséchées qui coupent le chemin et ressemblent eux-mêmes à des chemins, c'est bien fun de passer en mode pisteur pour retrouver le chemin. Après 5h de marche, je croise pour la première fois un groupe de gens. Leur première question "Do you where we are ?". Ce à quoi je réponds "Sure". Il se trouve qu'ils ont raté l'intersection pour remonter en haut de la falaise et sont partis trop loin. Je leur indique comment retomber sur leurs pattes et continue mon chemin. Peu après, j'arrive au campement (données GPS).


Au final, personne ne viendra au campement, même pas un petit ours à se mettre sous la dent. Soyons honnêtes, le froid viendra quand même me tenir compagnie. Pour le coup, je suis content d'avoir pris des gants et un bonnet.

4e jour


Comme d'hab, je me réveille aux aurores, l'eau n'a pas gelé dans les bidons mais avec 4°C à 6h du mat, ça aurait presque pu. Moi par contre, je suis complètement gelé mais quel plaisir de se réveiller au milieu de la nature. Je pars récupérer ma nourriture que j'avais laissé à bonne distance de la tente, tout est encore là, rien n'a bougé. Petit dej rapidement expédié et j'attaque sur un bon rythme pour me réchauffer. Je ne vois toujours personne mais la vue sur la falaise est splendide.


Au passage, mon coup de gueule de la semaine : faudra m'expliquer pourquoi ça s'appelle Bryce Canyon alors qu'il s'agit plutôt d'un plateau. Non mais sérieux quoi ?!?
J'arrive ensuite aux fameux hat shop's, ces cailloux qui ne demandent qu'à tomber à la première occasion.


Je finis par remonter sur le plateau d'où la vue n'est pas dégueu non plus.


Je suis de retour à la voiture avant midi (données GPS). Je retourne au camping où j'étais 2 jours avant pour prendre une douche, faire une lessive et planifier la suite de mon trip. L'étape suivante devait être la rive nord du grand canynon mais je découvre que la route qui y mène n'ouvre pas avant le 15 mai (oui je sais, je suis très organisé). Pas grave, je pars donc directement vers le lac Powell dans l'Arizona.
La suite au prochain numéro.

mercredi 22 janvier 2014

Bali

La vie réserve parfois bien des surprises et mon séjour à Bali en fût assurément une belle. Si 3 semaines avant de décoller pour ce coin de paradis, on m’avait dit que j’allais y partir en vacances dans moins d’un mois, je n’y aurais pas cru et pourtant … Tout avait mal commencé. L’idée de base était de partir en Egypte pour faire un stage d’apnée d’une semaine à l’automne. Malheureusement, ce pays traverse une période pour le moins troublée et par conséquent, on apprend le 08 octobre que le stage est annulé pour des raisons de sécurité. Du coup, je me fais une raison et me dit que ça attendra l’année prochaine. Une fois n’est pas coutume, je me trompais. Jenna, qui ne lâche rien, demande à une amie apnéiste basée en Egypte s’il est possible de venir passer une semaine et prendre des cours avec elle. Malheureusement elle n’est pas disponible car elle part pour un rassemblement d’apnéistes, le One Breath Jamboree, qui se déroule, je vous l’donne Emile, à Bali et coup de bol il reste même de la place. Nous sommes le 10 octobre, l’événement commence le 26 … et si on allait à Bali dans 15 jours ? Comme il parait qu’on ne vit qu’une fois, le projet est validé assez rapidement. Ne reste plus qu’à s’organiser un minimum : congés validés (merci patron), billets d’avion achetés (merci Mamie), hébergement géré (merci Vincent), inscriptions validées (merci Papa et Maman), même le parking à l’aéroport est réservé (et heureusement).


Nous sommes le 24 octobre, il est 16h20 (oui je sais j’abuse du présent de narration, en guise de punition, j’écouterai le double album Live de Lorie en boucle pendant 5 heures, ça me fera une bonne préparation mentale par la même occasion ;-) Arrêtez de m’interrompre sinon on ne va jamais y arriver, déjà qu’on est pas encore parti. Je disais donc, il est 16h20, nous sommes à Wavre, chef-lieu de la province du Brabant wallon et l’embarquement débute à 20h à Amsterdam. Je vous la fais courte (ce n’est pas mon genre de parler des heures pour ne rien dire) mais à cause des bouchons à Bruxelles, Anvers, Breda, Rotterdam, Stockholm et Valparaiso, demi-tour Jenna, on est allé trop loin … enfin bref, on rame pas mal dans les bouchons, l’idée de rater l’avion se fait de plus en plus présente dans nos esprits (vous me connaissez, ce n’est pas mon genre de rater des avions … on me souffle dans l’oreillette que j’en aurais raté 6 sur les 2 dernières années, pure calomnie si vous voulez mon avis, et même si vous ne le voulez pas, je vous le donne quand même, c’est quand même mon blog) … enfin bref, gros stress (ou pas car l’apnéiste pratique le yoga et sait gérer son stress … ou pas en fait) mais on arrive Juste Leblanc (ah bon il a pas de prénom), enfin je voulais dire « juste à temps ». On est tellement large qu’on s’autorise une pause gastronomique en ce haut-lieu de la haute cuisine néerlandaise (oui je sais, ça fait deux fois « chacal »), j’ai nommé le Burger King. A peine le temps de terminer leur spécialité à base de steak délicatement cuit au feu de bois, salade assaisonnée avec amour, fromage des alpages affiné en fût de chêne qu’il est temps d’embarquer, direction Denpasar après une escale à Singapour. Peu avant l’atterrissage à Singapour, je fais la découverte par l’intermédiaire de Jenna, du bouton juste à droite de mon écran qui permet de régler la luminosité de celui-ci, je me disais bien que les couleurs des quatre films que j’ai regardés me paraissaient un tantinet sombres.
Nous arrivons finalement à Denpasar après 22 heures de voyage. Plus que 3 heures de trajet jusqu’à Amed en compagnie de Kim Seng, un apnéiste malaisien fort sympathique. Première révélation, la nuit à Bali, il fait nuit comme chez nous, circulez, ya rien à voir. Nous arrivons enfin à l’hôtel, notre chambre est prête, on va pouvoir se reposer un peu. Je crois qu'on sera bien là.

Chaque jour le programme est assez chargé et ça commence tous les jours par un réveil à 6h (on prendra des vacances pour se remettre des vacances).
Yoga
Soyons honnêtes, le premier jour, j’ai eu un peu de mal à me lever à 6h du matin pour aller au yoga mais après la première séance, j’étais conquis. L’endroit est plus que propice, au bord de la mer avec le bruit du vent et des galets qui roulent, le soleil qui se lève (et avant qu’il ne fasse 35° à l’ombre). J'arrive même par moment à sentir l'odeur de l'encens  Nous aurons droit à deux profs :les deux premiers jours, ce sera Kate Middleton, non pas celle que vous pensez, celle-ci est néo-zélandaise et championne d’apnée à ses heures perdues. Ensuite ce sera au tour de la multiple recordwoman du monde Sara Campbell de prendre le relais pour des séances parfois très musclées qui nous laisseront complètement à plat. Et sinon ça va Sana ? (attention blague pour pratiquants de yoga).

On a même la chance d’être accompagné par Chi, harpiste qui nous fait l’honneur de sa musique live à plusieurs reprises.

Apnée
 
Il y a un entrainement d’apnée par jour, programmé soit le matin, soit l’après-midi. Je fais forte impression lors du premier entrainement avec une profondeur annoncée à -10 mètres quand les autres annoncent allègrement 30m, 40, 50, voire 60m. J’atteins péniblement les 8 mètres le premier jour, ya du boulot mais je sens que ma technique de compensation se fait de mieux de mieux. Le 4e jour, Oli mon instructeur me propose de tester une descente les yeux fermés avec juste un pince-nez à la place du masque. Je me lance.

Je me sens beaucoup plus à l’aise qu’avec le masque et le résultat ne se fait pas attendre, j’atteins 12m. Les sensations sont absolument géniales, c’est le pied, c’est difficile à décrire avec des mots mais c’est vraiment top. La veille du dernier jour d’entrainement, Julia, une des instructrices me promet que demain je passerai la barre des 20m. Le lendemain, je fais tout l’entrainement avec Oli et reste bloqué à 18m. Je garde néanmoins la dernière plongée pour Julia. Dès le départ, je m’emmêle les pieds avec la corde et du coup, je bloque de nouveau à 18m. Julia me convaincs d’en faire une autre. Je prends le temps de bien respirer, bien me détendre et c’est parti. Cette fois, aucun souci, les oreilles passent toutes seules, je ne fais que descendre et descendre. Je sens bien que je suis allé plus profond que d’habitude et du coup, mon mental se remet en marche et je commence à stresser, à avoir peur. Conséquence immédiate du stress : je ne sais plus compenser. Ce n’est pas bien grave vu que j’ai une furieuse envie de remonter. Malgré le stress, je m’efforce de garder des mouvements fluides et de ne pas accélérer. La surface arrive enfin, je reprends ma respiration pendant que Julia m’annonce la profondeur : 25 mètres !!!!


Je crois que Julia est aussi contente que moi de cette perf', c'est d'ailleurs quelque chose que j'ai noté pendant cette semaine et ce, même durant la compétition, tout le monde s'encourage et est heureux des perfs de l'autre, il y avait vraiment une très belle ambiance.

 
J’ai du mal à y croire, moi qui étais bloqué à 8 mètres en début de semaine, je suis super content. Julia avait raison, on a atteint les 20 mètres et comme il faut. Sur le bateau qui nous ramène, j’ai une banane jusqu’aux oreilles (et quelques coups de soleil aussi).
 

La semaine se termine en beauté niveau apnée, j’ai triplé ma profondeur maximale, je maitrise beaucoup mieux les techniques de compensation mais je dois encore travailler sur la peur qui m’étreint dès que j’atteins une certaine profondeur. Les 3 derniers jours, une compétition est organisée pour ceux qui veulent. Comme vous vous en doutez, je n’y participe pas. Par contre, Jenna y démontre ses qualités en terminant brillamment 2e du classement général avec deux plongées à 40 mètres en free immersion et poids constant (pour des explications sur les différentes disciplines de l’apnée, c’est par ici).

Je crois qu'elle est contente.

Le 5e jour, tous les apnéistes se retrouvent dans l’eau pour une petite photo de groupe 

Vous avez peut-être l’impression que ça ne ressemble à rien, que ça n’a pas été réfléchi et répété dans les moindres détails ... et vous avez raison, c’était juste du grand n’importe quoi. J’ai dit « on reste groupir ».


Quelques photos magnifiques du paparazzi australien Julia Wheeler.


 

Présentations et workshops

Le reste de la journée, on a droit à des présentations ou des ateliers qui retracent la vie des paysans-chevaliers de l'an 1000 au lac de Paladru : compensation en grande profondeur, méditation, apnée statique, hydrodynamicité, j’en passe et des Hermann. Lors de sa présentation, Chris Saenz de Santamaria, une championne australienne, nous montre des images et des vidéos absolument splendides de ses apnées avec son mari Eusebio au Mexique, au Honduras et à Hawaii (j’ai noté tous les noms de lieux, je sais où aller pour nager avec les dauphins). Je vous mets ci-dessous une de leurs photos les plus connues, prise au Mexique (plus de photos du Mexique ici).


Attention moment philosophique: lors de sa présentation, Richard Wonka nous pose cette excellente question: si on peut choisir de ne pas respirer, de se passer d'un besoin aussi vital que la respiration, que peut-on choisir de faire ou de ne pas faire dans sa vie ? Je vous laisse méditer, vous avez 4 heures.

Récupération

Faut bien avouer que ce sont des vacances quand même assez sportives, du coup, on se refuse pas un petit massage à l’huile en bord de mer de temps en temps, surtout qu’à 7€ de l’heure (6€70 me corrige Jenna), ça serait dommage de se priver. On profite en général des présentations pour se restaurer parce que bon, c’est pas tout ça mais on a quand même un peu faim des fois, la méditation ça ne nourrit pas son homme (pas moi en tout cas). L'ambiance pendant les repas est vraiment top, tout le monde se mélange, on discute avec des champions ou des inconnus (qui ne le restent pas longtemps) et ça parait naturel, tout le monde est juste là pour passer un bon moment sans se prendre la tête. Une mention spéciale pour les banana pancakes et le Nasi Goreng (riz frit avec du poulet, des légumes et une sauce aux kawètes).

Tourisme 

Et oui, avec un programme aussi chargé, on n’a pas beaucoup de temps pour visiter mais comme dirait la désargentée lucette « c’est l’jeu ». Je vous mets quand même une photo des rizières que l’on voit tous les jours pendant les 20 minutes de scooter pour aller de l’hôtel à là où nous allons.



Peu avant notre départ, une grande fête religieuse se prépare et on peut voir des offrandes déposées par les balinais un peu partout.
 
On se garde quand même le dernier jour pour faire un peu de tourisme. Sur les conseils de notre chauffeur, nous nous rendons à Uluwatu, un temple en haut d’une falaise. Autant l’emplacement est grandiose, autant je trouve le site très mal entretenu et assez décevant.
 


Après ça, nous partons nous promener en bord de mer avant de déguster un homard (c’est bon ces grosses crevettes) accompagné d'autres poissons et d'une noix de coco.
 

Le retour se passe sans souci avec quand même un léger choc climatique, on passe de 35° grand soleil à 8° sous l'orage, welcome back !!! Deux bonnes surprises coup sur coup:
1/ J'ai laissé la vitre passager complètement ouverte toute la semaine avec le pc portable du boulot dans le coffre. Tout va bien, il est encore là, l'eau qui est tombé à verse pendant la semaine est là aussi. Et oui, ce n'était pas un parking couvert.
2/ J'avais coupé le courant avant de partir et il semblerait que le congélateur soit un poil moins efficace sans électricité.


C'est dommage, j'aime bien le camping moi ;-)
Au final, un séjour magnifique avec de superbes rencontres et de très bons moments. J'ai clairement envie d'y retourner pour faire de l'apnée évidemment et aussi pour prendre le temps de découvrir un peu l'île.